NC. : Qu’est ce qui a changé en 28 ans chez A l’Uche ?
BC. : Le projet de l’asbl a évolué. Lorsque l’on veut travailler à la prévention sociale pour jeunes, beaucoup de problèmes lourds et divers doivent être pris en compte. Au début, nous avons voulu tout résoudre. Par ce fait, beaucoup de structures ont vu le jour. Et c’est heureux, elles sont toujours là. Je pense à la « Maison des Jeunes », à « l ’ Ouvre-Boîte », à « Prévention Jeunesse » ou encore à « Lire et Ecrire ». Au travers des années, toutes ces structures ont été créées car elles étaient nécessaires et spécialisées.
A l’Uche, aujourd’hui, s’est spécialisé dans l’aide à la jeunesse avec un rôle spécifique de prévention. Ce rôle de prévention doit tenir compte de l’ensemble des problématiques liées à la jeunesse comme par exemple, les assuétudes.
Malgré l’évolution des structures, nous voulons rester proches et disponibles pour la petite enfance. Notre expérience nous a démontré que la plupart des problèmes des petits, s’ils ne sont pas traités rapidement, s’intensifient et deviennent de gros soucis à l’adolescence. Nous devons être vigilants dès le début de leur vie.
NC. : Comment cela se traduit dans la pratique ?
BC. : Notre équipe est « dispo » toute la semaine pour toutes personnes qui s’occupent d’un jeune et pour ses jeunes, mêmes. Et ce, que ce soit sur Nivelles ou Genappe. L’ « Entre deux » et la « Farandoluche » sont des structures spécifiques pour les tout-petits de 0 à 3 ans. De son côté, « l’Atelier Réussite Scolaire » est un lieu où les jeunes de 6 à 18 ans peuvent venir réaliser leur travail scolaire tout en ayant la possibilité de participer à différentes activités. Cet espace de discussion permet de gérer au mieux le temps entre l’école et la maison sans être une garderie.
NC. : En 28 ans, la société évolue. Cela a eu une influence sur votre mission?
BC. : 28 ans, c’est une génération. Avant, le service à autrui était une valeur importante. Aujourd’hui, nous sommes dans le siècle de l’ « Immédiat ». Tout doit être obtenu tout de suite. Sans délai. Cela rend les comportements plus cassants, plus agressifs. La relation de confiance est plus compliquée à obtenir.
D’autre part, en matière d’enfance, les missions de l’école ont changé. Aujourd’hui, on lui demande d’être garante de l’apprentissage et de l’éducation. C’est un modèle qui ne peut fonctionner ; On demande trop à l’école. L’école doit former. Et ce sont les parents qui doivent éduquer. Ne mélangeons pas tout.