Anthony Leblicq. Serial printer

Mercredi 3 Décembre 2008


Anthony Leblicq. Serial printer
Tout a commencé par une blague. Passionné de collage en tout genre, Anthony a exposé malgré lui. Répondant à la demande d’un ami n’ayant personne pour décorer son restaurant, il lui demande d’afficher quelques toiles. Et elles ont plu au public, ses toiles ! A Nivelles, tout people qui se respecte connaît Anthony. « Le Peloch » est son repère. Mais, connaissent-ils réellement ce passionné d’images, ce mordu du graphisme, ce maniaque du découpage, du scan et de la reproduction. Anthony, alias Looping, va vous mettre la tête à l’envers. Attention les yeux ! Ça déménage. Ça bouscule. Ça fait mal par où ça passe ! Et ça fait tellement de bien dans notre univers souvent trop rigide. Portrait d’un serial printer comme on les aime !

Anthony Leblicq. Serial printer
NC : Quelle est votre technique de base ?
A.L. :
Le collage papier m’a toujours attiré. Tout est prétexte à travailler l’image. Les posters, les vieilles affiches, les magazines. Je découpe. Je coupe. Je colle. Je découpe. Je recolle. Je décolle. C’est frénétique. Ensuite, est arrivé le numérique. Cela m’a permis d’ouvrir la démarche du travail. En numérique, pas de faux coup de ciseaux. Pas de collage raté. On place. On replace. On traite l’image à l’infini. On peut aller beaucoup plus loin dans le montage du visuel.

NC : Vos univers naissent-ils par hasard ou sont-ils prédéfinis ?
A.L. :
Je sélectionne la base des images. Cela influence évidemment l’univers de départ. Ensuite, je laisse libre cours à mon imagination. Je ne prévois jamais rien. Les images affluent. Elles s’entrechoquent. Se déchirent les unes, les autres. Tout est en perpétuelle évolution. De l’association d’images naissent d’autres univers que je n’avais pas vus. Je peux laisser reposer un montage plusieurs jours sans y toucher. Tout ce qui m’entoure influence mes montages. Mes tableaux sont de véritables éponges.

NC : Vos univers visuels sont très influencés sixties – seventies ?
A .L.
: J’y mets tout ce que j’aime. Je suis un passionné de Harley. Je suis un mordu de vieilles voitures américaines. Je projette un peu, beaucoup, à mon avis. L’Amérique est ma deuxième terre natale. C’est la patrie du graphisme et de la multi culturalité. Tout cela se projette dans mes toiles. « I Love America ! ».

Anthony Leblicq. Serial printer
NC : Même si vous vous laissez bercer par vos influences, vos montages dégagent une ligne graphique très forte. C’est presque décoratif ?
E.L. :
Mes montages rassemblent toutes sortes de lignes forces. Ils sont influencés évidemment par la décoration. Les tendances actuelles s’y retrouvent, même si toutes mes toiles ne sont pas chocolat-crème. Mes visuels sont souvent très criards. Mais l’ensemble s’harmonise avec une importante démarche décorative. Qui n’a pas rêvé d’avoir une Marilyne dans son salon ?

NC : Votre travail donne une grande place à la technique infographique. Vous n’avez pas peur que vos créations soient plus techniques qu’artistiques ?
A.L. :
Je ne me pose pas cette question. J’ai des choses à dire et à faire passer. La technique infographique est mon outil. Je ne suis pas un dessinateur. Je ne suis pas un peintre. L’ordinateur m’a permis d’exprimer beaucoup de choses. Il m’a permis d’aller plus loin dans mes recherches. Ce que j’aime, c’est créer des univers et les mettre sur toile.

NC : Votre dada, c’est donc traiter l’image.
A.L. :
Mon challenge est de pouvoir apporter quelque chose de plus à un image existante. On peut la sublimer. On peut l’altérer. On peut en détourner son sens. On peut lui donner une nouvelle dimension. Bref, on la réinvente.

NC : Aujourd’hui, vous imprimez vos recherches graphiques sur des toiles ?
A.L . :
On appelle cela de la digigraphie. La technique a été mise au point par Epson. Nous sommes de plus en plus nombreux à utiliser cette technique. C’est probablement aussi dans l’air du temps.

NC : Vous avez inventé la fast-digigraphie aussi ?
A.L. :
J’ai voulu diversifier les supports. Pourquoi se limiter à la toile classique ? J’ai voulu créer un objet-cadeau : Une toile facile à emporte. De là, à la placer dans une boîte à pizza, il n’y avait qu’un pas. Faciles. Jolies. Originales. Elles sont belles mes pizzas. Heu, mes toiles. C’est un format de 30 cm sur 30 cm. Ces toiles existent aussi en 18 cm sur 24 cm. Je garantis le tirage à 10 exemplaires par toile.

NC : Vous travaillez également sur commande ?
A.L. :
Toutes créations sur-mesure sont les bienvenues. On me donne le thème et l’univers que l’on veut s’offrir. Je présente une composition originale et je l’imprime. Votre grand-mère aime écouter Sardou sur la plage au Coq. Pas de souci. Venez me voir. On va lui faire plaisir.

NC : Vous avez participé à Art en Chemin et au Petit Montmartre. Quelle a été la réaction du public ?
A.L. :
Les avis étaient très positifs. Toute personne peut se retrouver dans un de mes univers. Les plus jeunes sont évidemment plus réceptifs. Question d’univers et de référence. Encore une fois.

NC : Vous avez des expositions prévues dans les prochains mois ?
A.L. :
Actuellement, j’expose dans un nouveau magasin décoration qui s’est ouvert à Nivelles : « Les Côtés de Baulers ». L’exposition suivante est prévue fin décembre à La Taverne du Théâtre à La Louvière.

Luc Pieltain
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