Au bout du pinceau, la sérénité

Mardi 12 Janvier 2010

Il y a quelque chose de tranquille qui se dégage des peintures de Sophie Bierlaire. Quelque chose de doux, de tendre. Comme des plages de sérénité sur lesquelles on aimerait s’étendre. Sophie respire, elle aussi, la sérénité et la paix. D’une voix posée, elle nous initie à son parcours et raconte sa rencontre avec la toile et les matières qui sont devenues sa raison d’être.


Au bout du pinceau, la sérénité
N.C. : Comment vous êtes-vous découvert la passion de la peinture ?
S.B. : Ça coulait de source : j’ai toujours dessiné. Même mes parents reconnaissaient mon « gène »… Mais à l’époque, je n’ai pas choisi cette voie : par esprit de contradiction, j’ai fait des études de droit ! Je continuais à dessiner, et même à peindre à l’huile, mais ce n’est qu’en 99 que j’ai commencé à suivre un vrai cours de peinture chez Béatrice Vastrade. Je désirais apprendre les techniques pour exprimer tout ce que j’avais à dire. Béatrice est un excellent maître : elle enseigne la technique dans le respect de chacun. J’ai découvert alors que, plus encore qu’une technique, les cours m’apprenaient aussi à m’ouvrir l’esprit. Chaque jeudi, je me remplis chez elle, et chaque mardi, je me rends dans un atelier d’art à Lillois où j’exprime le meilleur de moi en fonction de ce que j’ai appris. Je possède de mieux en mieux les techniques pour permettre à mon inspiration de faire le reste.

N.C. : Comment qualifiez-vous votre peinture ?
S.B. : C’est du figuratif, c’est certain. Je peins aussi quelques portraits. Et surtout, je suis passionnée de la Bretagne. Cette région m’inspire. Je prends des photos de moments sublimes pour capter les lumières, puis je laisse aller mon inspiration. Et je me perds dans d’infinies marines … C’est un besoin.

Au bout du pinceau, la sérénité
N.C. : Quelle est votre technique de prédilection ?
S.B. : Je travaille généralement avec un fond d’acrylique pour installer une ambiance sur laquelle je peins à l’huile. Parfois, j’y ajoute de la matière, principalement du sable que je recouvre également de peinture acrylique. Sur certaines peintures, le sable est resté brut. Néanmoins, la peinture à l’huile me permet de le rendre vivant. Elle ajoute aussi de la lumière et des reliefs au paysage. Cette peinture à l’huile est une matière incroyable : elle évolue sans cesse. Un tableau n’est « terminé » qu’après des semaines, des mois parfois. Les couleurs révèlent peu à peu leur nature et le tableau s’affine tout seul.

N.C. : Avez-vous déjà exposé ?
S.B. : J’ai exposé au Palais de Justice, et au Théâtre de La Valette où je suis restée plus d’un mois. C’était une expérience superbe : j’avais la sensation d’exister dans mes toiles et de transmettre quelque chose que le public me renvoyait. Je ferai également partie d’« Art en chemin » en octobre. J’espère renouveler cette rencontre unique avec les gens qui viendront chez moi.

N.C. : Aujourd’hui, vous semblez extrêmement sereine avec votre travail…
S.B. : Je suis en paix. J’ai devant moi un long chemin que je vois baigné de tranquillité. La peinture pour moi était une nécessité. J’ai encore des tas de sujets devant moi, l’envie d’essayer d’autres formats, de découvrir des techniques inédites. J’ai trouvé ma voie. J’irai jusqu’au bout de cette sérénité.

Geneviève Pochet
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