Départ en voyage

Jeudi 15 Janvier 2009

La fonction d’un musée est de sauvegarder des objets, des documents - les consigner, les référencer. Martine Osterrieth et Georges Lecocq travaillent au milieu de milliers de « fantômes » sympathiques l’année durant. Le temps des vacances s’approchant, nous avons cherché dans le Musée, des objets, des représentations de personnages, des documents évoquant l’évasion et le voyage. Nous vous proposons donc de rêver un peu et de nous suivre dans un périple un peu particulier. Et si cet été, vous alliez tenter de retrouver les éléments repris dans cet article et qui pour nous sont synonymes d’évasion? L’horaire d’été est généreux : du 9 juillet au 17 août ouvert tous les jours sauf le mardi, le 21 juillet et le 15 août. Des personnes compétentes sont prêtes à vous guider.


Départ en voyage
Avant le Déluge, embarquement immédiat
S’il est un homme qui a fait un long voyage, un voyage décisif et salvateur, c’est bien Noé. On connaît l’histoire … c’est lui qui a eu pour mission de rassembler sa famille entière, un couple de chaque espèce pour en assurer la survie et des vivres pour nourrir tous les passagers de son arche. On peut le voir – énorme, tourmenté sous un ciel prêt à éclater en tempête. Il montre le chemin à tous pour que personne ne rate le départ. La scène est représentée sur une tapisserie de haute lice en laine et soie datant du 16ième siècle et couvre un mur entier d’une salle du Musée. Cette pièce rare provient du jubé de l’ancienne église du Saint-Sépulcre (lorsqu’elle était encore érigée rue de Namur).

L’histoire du Monde
Dans le Musée se trouve un très grand livre (un incunable) invitant au rêve et à la curiosité. « Le livre des chroniques » est rédigé en latin et résume l’histoire du monde. Cet ouvrage gigantesque ouvre ses pages sur des grandes villes et des personnages importants. On attribue l’illustration de ce document à M. Wohlgemuth, peintre et graveur réputé qui fut le maître de Dürer. Ce livre très ancien imprimé à Nuremberg, date du 12 juillet 1493, à l’époque des débuts de l’histoire de l’imprimerie. Il se trouve dans une vitrine, et est ouvert sur une page où on voit Sainte Gertrude filant la laine avec un fuseau et entourée de petits rongeurs.

Un globe terrestre pour un globe-trotteur
Le Musée détient un petit trésor qui a attiré notre meilleure attention. Un globe terrestre en bois et joliment peint, qui reprend - tenez-vous bien - le tracé des différents parcours du célèbre navigateur britannique James Cook. Incroyable, mais vrai !!! Devant ce genre d’objet, on se trouve carrément dans le rêve éveillé. En regardant de très près et avec de bons yeux, on peut y lire les dates de ses expéditions. Imaginez un peu, ce jeune homme de 18 ans s’embarquant sur un bateau à charbon de la marine marchande ? Ce n’était qu’un début évidemment. De nombreuses expéditions l’ont amené à Tahiti, en Nouvelle Zélande, sur les côtes orientales de l’Australie, à l’Ile de Pâques, aux Marquises, en Nouvelle Calédonie, sans oublier les Iles Sandwich appelées Hawaï aujourd’hui. Les expéditions de James Cook ont fortement facilité la navigation du Pacifique grâce à la qualité des cartes relevées par ce navigateur hors du commun. Ces longs voyages ont considérablement agrandi le territoire britannique.

Dépôt de monnaies d’argent
Pas de voyage sans un minimum d’argent. Le Musée n’est pas une banque, mais possède bien des pièces de monnaie. C’est tout à fait par hasard et à la faveur des travaux de restauration de la Collégiale que fut découverte en 1982, une bourse en cuir contenant 102 petites monnaies dites « de bas aloi ». Pour donner un indice de comparaison - la valeur totale ne dépasse pas 6 patagons, un patagon constituant à l’époque, le salaire d’un ouvrier qualifié, maçon ou menuisier pour deux journées de travail. Pour les numismates signalons que l’on reconnaît 25 types monétaires différents et concernant la provenance on note des monnaies brabançonnes et des françaises en assez grand nombre, majoritairement issues du Midi. Les Pays-Bas y sont aussi représentés. Précisons la présence dans le lot de pièces, d’un sol frappé pour l’abbaye de Stavelot sous le règne du prince-évêque de Liège, Ferdinand de Bavière. On situe l’enfouissement du butin vers 1620. Voilà une (petite) fortune bien dissimulée. La valeur actuelle de ce trésor tient à sa découverte tant d’années après leur usage.

Départ en voyage
La soute à bagages
Pour bien voyager, il convient de posséder de bons et solides bagages. A plusieurs endroits du musée, se trouvent des coffres qu’un humain contemporain ne pourrait pas soulever. Certains sont doublés de tissus et rembourrés de laine. Quand on les ouvre, on se surprend à rêver encore une fois … Que plaçait-on dans ces grands bagages? Des vêtements d’apparat, des belles vaisselles, des parfums précieux? D’autres coffres sont de facture plus rude et de moindre attrait. Ceux-là auraient-ils servi à transporter des armes, des objets de guerre? La réponse reste en suspens… à moins que vous ne vouliez entreprendre des recherches poussées?


Marie-Marthe Schuermans
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