L'artiste nous parle de sa passion.
" C’est en 2001, aux portes ouvertes de l’Ecole des Arts de Braine l’Alleud ou je visite l’atelier de Monsieur Yves Marien, là me vient le désir et la folie d’entrer dans cet atelier.
Est-ce la rencontre avec Mr. Marien ou la magie qui émane de cet atelier, je suis comme envoûtée !.
Pendant les deux premières années, je me suis forgée aux colombins et à la plaque. En fin d’année 2003, l’envie d’essayer le Tour de potier me titille.
Pour réaliser la première pièce, j’ai un vague pressentiment de m’attaquer à une chose impossible tant par la sévérité, la complexité, le doigté, la concentration et la perfection, mais je persévère et aujourd’hui c’est plutôt le tour qui m’appelle. Je débute par des cylindres, puis des bols, des coupelles, ce sont des objets que j’aime passionnément, ils évoquent la douceur de certains coquillages ou de galets polis par la mer. J’aimerais que mes pièces puissent être utilisées et pas seulement regardées, je pense qu’il n’y a rien de mieux qu’un bol, une coupelle même une tasse, c’est un récipient qui nous permet de nous restaurer, nous désaltérer, de plus il est agréable au toucher.
On peut même s’y réchauffer en le tenant aux creux des mains. Il est a la fois indispensable, mais depuis qu’il est possible de se procurer toutes sortes de produits de consommation le plus souvent importés à des prix raisonnables tel le plastique, l’inox, la céramique industrielle etc..
Notre céramique utilitaire est en voie de disparition, mais grâce aux musées, aux expos et à la
Publication, celle-ci est en passe d’être reconnue à l’échelle internationale.
L’ancien et le moderne sont souvent relié par un fil impossible à trancher, on pourrait reprendre le voyage à son point de départ en examinant la technique elle-même et en testant l’évolution technologique.
La céramique fait partie de notre quotidien, mais ce contact si constant est si dévalué que nous en oublions presque sa présence. L’écarter comme une chose indigne d’attention ou l’accepter comme allant de soi, signifierait qu’il n’y a plus de filiation entre la poterie antique et le souvenir des traditions réactualisées dans le contexte contemporain.
La céramique est une véritable passion et aussi un enrichissement continu, c’est une remise
En question permanente, une découverte infinie qui nécessite toujours de nouvelles idées à
mettre en œuvre. Un céramiste potier ne peut s’épanouir et faire passer ses émotions qu’après de longues années d’expériences avant la maîtrise de la terre, des émaux, des cuissons.
Le chemin de l’apprentissage est très long mais tellement enrichissant.
Lorsque je travaille la terre, j’ai comme l’impression que celle-ci me façonne, mes pièces se
Construisent d’elles même au départ d’une inspiration, il y a rarement un avant projet, c’est
Le tour qui impose en partie la forme. Il faut impérativement rester en parfaite harmonie avec
Non seulement le tour mais aussi la terre.
Je me complais fort bien dans les formes rondes, complice de la matrice mère (donneuse de vie.
La terre est comme nous, elle vit, possède un corps, un ventre, des épaules, un cou, des lèvres
Et on peut aussi l’habiller. Le feu les fait vivre, idée même de la chaleur si protectrice.
Ma démarche est avant tout instinctive et sensitive. "