En geste et en couleur pour trouver le chemin de l’essentiel

Mardi 12 Janvier 2010

Peintre et sculpteur, Brigitte de la Horie sillonne la terre, sa source de création, en quête de simplicité et d’équilibre. Derrière ses traits doux et paisibles se cache une bouillonnante créatrice en recherche d’harmonie. Tout pourrait se résumer en un mot, en un geste. Le reste n’est que superflu. Quelques marches et nous pénétrons dans son atelier. Une énorme étagère regorge de matières glanées ici et là… On ne bouge plus pour mieux ressentir les vibrations de tous ces éclats de sentiments. Le travail peut commencer !


En geste et en couleur pour trouver le chemin de l’essentiel
N.C. : Sculpture et peinture, est-ce la même approche ?
BdlH : C’est la même recherche. Ce qui m’intéresse, ce sont les matières et leur mise en opposition. Sur la toile, les parties peintes avec la matière, suggèrent les parties non-peintes. Celles-ci, les plus importantes, sont des ouvertures vers l’imaginaire. Dans la sculpture, les matières dures comme la pierre, le fer, côtoient les tendres comme le bois. Dans ces oppositions, je recherche l’équilibre, l’harmonie, la sérénité. Tout va de pair comme le féminin et le masculin, le yin et le yang.

N.C. : D’où viennent ces matières ?
BdlH : Les roches proviennent principalement des volcans et des déserts. Je suis très attirée par ces grandes étendues désertiques, lieux de ressourcement. Les matériaux de mes sculptures, je les trouve au bord des cours d’eau, des lacs. Je recherche des matières qui ont vécu, qui portent en elles les traits d’une vie. Je les ramène de mes voyages. Ce contact avec la mère nature est fondamental, j’y puise toute mon inspiration. En me promenant, je capte de tout petits détails, je les vis intensément, je ressens très fort les vibrations et je m’en imprègne. Quand je peins, toutes ces émotions ressortent.

En geste et en couleur pour trouver le chemin de l’essentiel
N.C. : Comment naît une de vos toiles ?
BdlH : Tous les matins, j’entre dans mon atelier et je me concentre. Quand l’inspiration affleure, je la traduis en geste et en couleur. Plus j’aurai su transmettre mes sentiments, plus la toile sera bonne. Sans cesse, je cherche à progresser, en épurant mon style, en simplifiant. Avec l’âge on s’affine et plus on va à l’essentiel, plus on parvient à développer la générosité. La meilleure toile serait celle dont l’intensité, la densité d’un seul trait, d’un seul coup de pinceau, pourrait exprimer toute une vie. Quand ma toile est finie, je l’expose chez moi et je l’observe. Si elle me plaît, elle est finie, le chemin continue, je peux passer à une autre… sinon j’apporte quelques retouches. Mais il peut arriver qu’elle ne me plaise pas et dans ce cas, je la jette… et j’ai beaucoup de déchets.

N.C. : Comment définir votre style ?
BdlH : Ma peinture se classifie dans l’art informel, c’est-à-dire une abstraction de constructions éclatées en alliant la calligraphie, le tachisme et l’art brut.

N.C. : D’où viennent vos influences ?
BdlH : Papa était ingénieur et sculpteur, j’ai toujours admiré sa créativité. Grandir dans un milieu artistique, ça laisse des traces. Toute petite, la peinture était déjà une passion. J’ai suivi des études d’arts graphiques et j’ai rencontré un très bon professeur qui m’a appris les techniques. Enfant, j’ai vécu en Afrique, cela transparaît dans mon travail. J’ai aussi pratiqué pendant 10 ans du kendo. La gestuelle du sabre est à mettre en parallèle avec celle du pinceau. Il découle de cette essence profonde, une recherche de totale harmonie. Et puis, il y a les autres peintres, véritables maîtres : Zao wou-ki pour le geste parfait, Tapies pour la matière, Cézanne pour la juxtaposition des
couleurs, Klee, Miro…

En geste et en couleur pour trouver le chemin de l’essentiel
N.C. : Votre travail est de plus en plus reconnu.
BdlH : Si au départ, je vendais mes œuvres à la famille, aux amis, petit à petit le cercle s’est agrandi et maintenant, ce sont des collectionneurs qui s’intéressent à mon travail. J’expose de plus en plus dans des foires de renommée internationale, en France, en Allemagne… mais du 29 octobre au 6 novembre je serai à la Biennale d'Anseremme. Ce sera le plus proche de Nivelles.

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