Communication - Graphisme - Edition - Web - Production


Episode 12 : Nom de Djote !


Episode 12 : Nom de Djote !
Dimanche dernier, fin de matinée, alors que je m’apprête à entrer dans un bistrot de la Grand-Place, un jeune couple très b.c.b.g. vient à moi :

« Dites, mon brave, me lance l’homme avec cet insupportable accent ucclois et les lèvres pincées, savez où l’on peut se procurer votre spécialité, la tarte au djok ou quelque chose du genre ?

– Je suppose que vous voulez parler de la tarte al djote.
– C’est cela même, dites ! »

Voilà qu’un snobinard de la capitale m’a pris pour l’autochtone certifié, le provincial label rouge, le bouseux bio ! Avouez qu’il y a de quoi rigoler, non ? Aussi ai-je répondu avec le zèle approprié, allant jusqu’à lui indiquer la manière locale d’apprécier cette spécialité séculaire : « Il faut la manger bien froide, bien dure avec de la confiture ». Et de songer à ma première « dégustation aux étoiles », dix-sept mois plus tôt, quand je n’étais qu’un petit dikkenek fraîchement débarqué de Koekelberg – un bail !

Et dire que Marie-Thérèse voulait qu’on s’installe près de sa sœur, à Watermael-Boitsfort ! Vous avez bien lu : Watermael-Boitsfort, la commune qui rime avec « nuisances sonores »… ainsi qu’avec « Melchior », le roi mage qui a confondu son étoile avec un vol de nuit. Quoi qu’il en soit, c’est arrivé ; je veux dire le fait d’être assimilé Nivellois. Au fil du temps, sans que l’on s’en aperçoive, les expériences se transforment en habitudes (plutôt agréables, du reste). Désormais, je n’ai plus le temps d’atteindre le zinc que le garçon de café m’a déjà servi une chope. L’artisan boucher goguenard ne manque jamais de m’emballer une saucisse sèche avant que j’aie passé commande. La jolie boulangère sait que Mme Pelote adore le pain d’épeautre (et non le pain d’épice comme je l’avais cru au début). Le marchand de vin connaît mon faible pour les rouges de Loire ; le maraîcher, pour les chicons en hiver, les asperges au printemps ; le crémier pour les fromages à pâte molle. Etc. (désolé si je ne mentionne pas tous mes amis).

Il est donc l’heure de tirer sa révérence avant qu’Archibald Pelote ne devienne gâteux à force de se répéter.

Je tiens d’abord à remercier le patron du magazine de ne m’avoir jamais étranglé malgré mes retards récurrents. Je remercie aussi les personnes s’étant retrouvées dans me histoires sans avoir été prévenues – pour le royalties, voyez le boss. Merci bien sûr aux lecteurs de m’avoir permis d’exister, surtout ceux qui ne m’ont pas envoyé de lettres d’insultes. Je remercie enfin Marie-Thérèse, ma chère et tendre épouse, d’ignorer jusqu’à ce jour l’existence de Nivelles Capital (le premier qui lui en parle aura de mes nouvelles !)

Ce n’est pas sans une certaine émotion que… Bref, portez-vous comme des Aclots et des Aclotes, nom de Djote !
Archibald Pelote
Lu 772 fois




Facebook
Twitter
Flickr
Rss