Exposition Caviart 20 : Zoom sur trois artistes

Mercredi 30 Mai 2012

Jusqu’au 3 juin se tient l’exposition Caviart 20, dans les caves des anciennes verreries de Fauquez, à Ittre. Un concentré de treize artistes y est présenté. Rencontre avec trois d’entre eux.


Lakshmi, l'éléphante du temple par Gaëtan Nerincx
Lakshmi, l'éléphante du temple par Gaëtan Nerincx

Ils sont treize et le chiffre ne porte pas malheur pour autant. Treize acteurs de la vie artistique présentent leurs oeuvres au public, le week-end du 2 et 3 juin. A découvrir : des dessins et peintures de Violaine Alghisi, Roxana Alvarado (aussi graveur et maître verrier), Vinciane de Terwangne, Alexandra Gersdorff, Olivier Paul et Dominique Scheers. Aussi des sculptures travaillées par Pascale Boseret, Isabelle Clarebout, Sophie de Crane, Xavier Dessain et Laurence Lavrauw. Enfin des photographies capturées par Gaëtan Nerincx et Philippe Vandendriessche. L’exposition Caviart 20, gérée par Pierre Boon, Lukasz Kurzatkowski et Anne Vandendriessche, se tient dans les caves des anciennes verreries ittroises. Elle est accessible samedi 2 et dimanche 3 juin, de 15h à 19h.  

 

De la peinture, du flou qui nous plonge dans le figuratif abstrait

Exposition Caviart 20 : Zoom sur trois artistes

Olivier Paul se consacre uniquement à la peinture acrylique. Usant de techniques différentes, il l’admet : collage papier, encre, plexiglas...De loin ou de près, l’eau est le fil conducteur de ses tableaux. “Plus qu’une fascination, cet élément m’interpelle. Il y a environ deux ans, j’ai commencé à représenter des nageurs et à me noyer dans l'univers des piscines. En donnant un effet de vitre, flou, à la toile dont je n’utilise que le côté brut comme support, je travaille de façon abstraite. Pourtant, l’image reste figurative”. Le peintre aime également jouer, et ça se voit, avec la transparence et la superposition. Il affectionne les effets de matières. Il puise son inspiration dans les photographies, prises par lui-même. Ses travaux ne reflètent aucune agressivité. Son choix des couleurs reste dans la suavité. Beaucoup de tons passés.”Chaque oeuvre est le fruit d’une expérience, chaque toile un espace d’expérimentation. Pinceau en main, on entre dans une recherche permanente d’idées”, confie l’artiste.  

 

De la photo, le contenu qui raconte par l'oeil du journaliste

Exposition Caviart 20 : Zoom sur trois artistes

La photographie. Une passion née aux alentours de ses dix-huit ans, durant un long séjour en Nouvelle-Zélande. Ce n'est que depuis qu'il a quitté l'ihecs (Bruxelles), où il a effectué des études de communication et de journalisme, que Gaëtan Nerincx la pratique de manière professionnelle. Collaborateur au Vif l'Express, il vit intégralement de sa passion : la capture d'images qui "racontent une histoire” : "Je travaille avec mon oeil de journaliste. Un cliché doit offrir du contenu. Que celui ou celle qui le regarde ressente un regard puissant se dégager ou une relation entre deux personnes se forger". Qu'est-ce qu'une bonne photo? "Elle nous touche à différents niveaux. Une photo doit être belle plastiquement (cadrage, équilibre des couleurs...) et esthétiquement (contenu subjectif)", explique-t-il, lançant un bref regard complice à son Canon Eos 7D qui trône sur la table. Depuis septembre dernier, Gaëtan Nerincx avec, entre autres, deux autres photographes Virginie Nguyen et Frédéric Pauwels, s'implique dans le collectif international "Huma". "Chacun de nous mène sa carrière. Notre point commun? Cet engouement pour la photo proche des gens, intimiste mais respectueuse. De la photo humaniste, comme nous l'appelons", ajoute-t-il.

Lakshmi, animal sacré
Pour l'exposition Caviart 20, Gaëtan a choisi de présenter l'histoire de Lakshmi, une éléphante sacrée d'un temple hindou. Cela au travers d’une dizaine d’images en noir et blanc. "J'ai vécu six mois en Inde. En me focalisant sur la position sacrée de cet animal dans le pays, j'ai suivi le quotidien d'un cornac (maître, guide et soigneur). Ma démarche n'est pas forcément artistique, elle part de ma formation journalistique. Esthétiser une souffrance ou un sentiment de joie ne m'intéresse pas du tout", précise le photographe.

 


De la sculpture, des formes à la limite de la renverse

Exposition Caviart 20 : Zoom sur trois artistes

C’est à côté de sa cuisine que Sophie de Crane s’adonne à sa passion qu’est la sculpture. Un atelier, on ne peut davantage lumineux, vue sur le jardin, y est aménagé. Elle aime nous raconter que déjà, dans son enfance, le dessin lui plaisait, comme forme d’évasion spirituelle. Une veine d’artiste la traverse depuis toujours. Et puis, elle a découvert la sensation du toucher de la matière. Avec ses mains, elle apprivoise la terre voluptueusement. “J’ai longtemps cherché à exploiter ma créativité. Que je réussis à exprimer maintenant par l’abstrait. Tout a commencé avec la céramique. Après, les formes sculpturales m’ont fait lâcher prise. J’aime le contact avec la terre car il n’y a rien de plus sensuel”. Sophie a commencé par des formes rondes, maternelles, ancrées. Par la suite, elle est arrivée à des allures plus déséquilibrées. Elle en rit : “Mon prof disait toujours que mes sculptures allaient s’écrouler dans le four. Là, je trouvais enfin mon équilibre artistique, dans le mouvement. Mes formes ne sont pas statiques, elles sont à la limite de la renverse”. 


Expo Caviart 20
Sa 2 et Di 3 juin, de 15h à 19h
13, chemin du Halage
1460 Virginal (hameau de Fauquez) Ittre

 


Magaly Swaelens
Lu 950 fois