Prochaine parution : 30/03/2010
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Goodbye Nivelinvest !
Nivelinvest quitte Nivelles. Nivelinvest, c’est près de 57 millions d’euros de moyens financiers, 103 sociétés ayant bénéficié de ses investissements, ou comme le citait le Baron Luc Bertrand, « Un petit laboratoire, une fenêtre ouverte sur le sud du pays ».
D’ici deux ans, Nivelinvest aura quitté l’enceinte aclote pour s’installer dans un tout nouveau bâtiment au centre du Brabant Wallon. Ce sera le troisième déménagement depuis sa création, en 1987. Après Court-Saint-Etienne et Nivelles, ce sera Louvain-la-Neuve qui accueillera les tout nouveaux bureaux de cette société qui ne connaît pas la crise. Faut-il penser que Nivelinvest changera de nom pour autant ? Pas nécessairement. On devait le préfixe « Nivel » non pas en référence à la ville mais bien à l’arrondissement où la société allait étendre son champ d’activités. Ce qui ne changera pas, c’est le capitaine de cette société de développement et de participation du Brabant wallon, Philippe Remy, un homme de chez nous.
N.I. : Philippe Remy, en quelques mots, dressez-nous votre portrait…
P.R. : J’ai 60 ans et j’habite Nivelles depuis plus de 10 ans dans une ancienne maison des Abbesses. C’est en quelque sorte un retour aux sources car ma famille paternelle est nivelloise. Je suis ingénieur chimiste de formation et ai obtenu un diplôme en administration des entreprises. Je suis également juge consulaire au Tribunal de Commerce depuis 16 ans. Je suis passionné de cinéma et de lecture. J’ai un faible pour la littérature du XIXe et du début du XXe siècle mais aussi pour l’histoire et la philosophie. Je pratique le jogging en hiver et le golf en été. J’apprécie les moments de convivialité quand je me retrouve autour d’une bonne table avec des amis. Pour mon caractère, ma secrétaire est plus en mesure de répondre à la question…
N.I. : En franchissant la porte de vos bureaux, on peut constater votre sensibilité à l’art contemporain.
P.R. : C’est vrai. En réalité, nous sommes abonnés aux services de la société Little Van Gogh. Un abonnement pas cher qui permet aux sociétés d'être le mécène de plusieurs artistes en exposant leurs toiles dans le hall d'accueil et les couloirs de la société. Tous les mois, les toiles d'un nouvel artiste sont accrochées aux cimaises. Nous avons acquis plusieurs toiles de Pierre Debatty, j’en ai aussi à mon domicile.
N.I : Après votre vie active, à quoi aimeriez-vous consacrer votre temps, votre énergie ?
P.R. : J’ai toujours le vieux rêve d’écrire… mais quoi exactement, ça ! La difficulté c’est que j’ai une épouse très active tandis que moi j’aime me retirer au calme, trouver des moments de sérénité… Il restera à inventer comment concilier les deux !
N.I. : Comment êtes-vous arrivé à Nivelinvest ?
P.R. : J’ai débuté ma carrière dans le privé. Un peu par hasard, je suis arrivé, fin des années 70 début des années 80, au Cabinet de Willy Claes, Ministre des Affaires Economiques. À l’époque s’est créé la SNSN, la société nationale pour la restructuration des secteurs nationaux… sidérurgie, textile… elle disposait de gros moyens. Après les multiples crises de la sidérurgie, on a créé des sociétés de reconversion industrielle qui avaient pour but d’adapter les différents bassins sidérurgiques en une économie de PME. Ainsi sont nées Meusinvest, Sambrinvest et Nivelinvest, des sociétés de droit privé. Nous avons comme actionnaires la Région wallonne pour 50% et des investisseurs privés pour 50% ce qui permet de garder une totale indépendance par rapport aux décisions politiques. Habitant le Brabant wallon et comme directeur du secteur verrier à la SNSN, on m’a chargé de placer, avec d’autres, Nivelinvest sur les fonds baptismaux. Je suis donc ici depuis la création de la société, d’abord au sein du Conseil d’administration pour représenter la SNSN et ensuite pour en prendre la direction.
N.I : Quel est votre travail d’Administrateur Délégué au quotidien ?
P.R. : Nivelinvest, c’est devenu un groupe de cinq sociétés financières et deux sociétés d’infrastructure. Sociétés différentes car missions différentes. Nous faisons par exemple du leasing immobilier (NIVELEASE), de la reconversion et du développement industriel (SDO et SOFINEST), du spin-off (START UP) en collaboration avec l’UCL mais aussi de l’assainissement et de la rénovation de sites industriels (SARSI). La transformation d’un ancien site des Forges de Clabecq en une zone portuaire est une de nos réalisations, on peut également citer la réaffectation du site de Fabelta ou des anciennes sucreries de Genappe… Mon travail est donc apparenté à celui d’un chef d’orchestre, je fais fonctionner une équipe. C’est d’ailleurs une grande satisfaction d’avoir pu créer à Nivelinvest une équipe soudée. Quand on gère sept sociétés, il y a toujours bien un problème quelque part qu’il faut régler, des décisions à prendre, des nouvelles missions à mettre en œuvre… Avec la crise financière et la baisse des taux d’intérêt, on est également amené à faire une gestion plus pointue de nos moyens financiers. Pour l’instant, nous avons énormément de travail.
N.I. : Doit-on trouver dans ces recherches d’économie et ces nouvelles missions les causes de votre déménagement ?
P.R. : Nous avons ici dix bureaux qui sont tous occupés. L’accroissement de notre travail fait que nous nous retrouvons à l’étroit. Nous avons choisi de nous implanter à Louvain-la-Neuve car cette ville est au centre de notre zone d’action et la moitié des projets développés actuellement est située sur le territoire de Wavre et de Ottignies. Nous avons aussi estimé que nos coûts de déplacement liés à notre activité seraient moindres. On parle ici d’une économie de 50 à 70.000 km. Enfin, on a l’ambition de créer le premier espace de bureau entièrement passif en Région wallonne pour des raisons évidentes d’économie d’énergie.
N.I. : Quels sont les grands défis à venir pour vous ?
P.R. : Pour Nivelinvest, les grands défis sont de poursuivre les investissements financiers pour soutenir de grands projets qui sortent de la recherche et la rénovation d’anciens sites pour les reconvertir en zone industrielle active. Mon grand défi à moi sera ma reconversion. À 60 ans, il est temps d’y penser… même si ce n’est pas pour tout de suite.
N.I. : Invest… un mot qui semble disparaître du vocabulaire ces temps-ci…
P.R. : Dans le Brabant Wallon, je pense que nous sommes des interlocuteurs privilégiés des banques. Nos premiers prescripteurs, ce sont les banquiers. Mais c’est vrai qu’actuellement ce n’est pas facile, les banques sont dures à la détente… Pour pallier à cela, le gouvernement wallon nous a ajouté une mission qui sera opérationnelle, je l’espère, dans le courant du mois de février. Nous allons pouvoir proposer du crédit court terme, ce que nous ne faisions pas avant. Nos instruments financiers étaient jusqu’à présent les prises de participation en capital minoritaire, le prêt subordonné, les prêts obligataires convertibles et le leasing immobilier. Des aides sur le long terme. Comme il y a, et c’est un euphémisme, une certaine frilosité des banques, on nous demande de faire également du crédit court terme. Actuellement, nous avons trois dossiers de reconversion à traiter et qui concerne plus de 400 emplois répartis dans trois entreprises de Wavre, Braine l’Alleud et Nivelles. En principe, statutairement, Nivelinvest ne peut pas intervenir dans des sociétés en difficulté. On va voir ce qu’on peut faire, quitte à changer les règles du jeu pour justement pouvoir agir dans ce type de dossier.
N.I. : En quelques mots, que fait Nivelinvest ?
P.R. : Nous essayons de promouvoir le développement économique du Brabant wallon en aidant les entreprises à concrétiser leurs projets d’investissements, nous conseillons, assistons les entreprises dans leur développement stratégique. Comme Pierre Mottet (Administrateur Délégué d’IBA) le disait très justement, Nivelinvest crédibilise la démarche des entreprises auprès d’autres acteurs financiers.
N.I. : Qu’est-ce qu’il ne fait pas ?
P.R. : En principe, on ne s’occupe pas des canards boiteux. C’est la mission de la SOGEPA
N.I. : Votre logo, c’est un carré qui devient rond, qui grandit et qui semble prendre son envol. Vous êtes là pour arrondir les angles et aider à croître…
P.R. : Ou réussir la quadrature du cercle (rires). Il se dégage de ce logo un dynamisme qui nous correspond bien.
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