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IPS : Un optimisme sans frontièreMardi 16 Décembre 2008
Parti de rien, Luc Tasiaux est aujourd’hui à la tête d’un groupe présent aux quatre coins du monde et qui compte 120 travailleurs. Depuis sa création voici 15 ans, IPS, Industrial Projects Services, a connu une croissance annuelle de 35% due principalement à l’optimisme sans limites de son patron et à sa clairvoyance. Pour lui, chaque problème devient opportunité et la crise financière actuelle, au lieu de le freiner, va lui permettre de s’étendre encore plus et de diversifier son activité, car des idées novatrices, Luc Tasiaux en a plein la tête... Rencontre avec le plus entrepreneur des managers.
N.I. : Quel est votre parcours professionnel ?
L.T. : Je suis sorti à 23 ans de l’université avec en poche un diplôme d’ingénieur électromécanicien et une formation polyvalente et je suis rentré directement chez Siemens comme chef de projet. Très vite, je me suis rendu compte qu’il y avait possibilité de mieux gérer un projet depuis sa naissance et d’intégrer toutes les disciplines dans une meilleure coordination. Les coordinateurs que j’ai eu l’occasion de rencontrer n’étaient pas forcément de bons techniciens, pas nécessairement bons communicateurs… C’est là que j’ai eu l’idée de créer une société spécialisée dans la bonne gestion d’un projet, avec une méthodologie et une bonne connaissance technique. 15 ans plus tard, mon groupe compte 120 personnes, dont 105 ingénieurs pluridisciplinaires. La moitié de mon personnel est ici, à Nivelles, l’autre moitié est répartie entre le différentes antennes : Allemagne de l’Est, Bulgarie, Espagne, Chine, Brésil… sans oublier le Moyen-Orient. Nous avons des projets de développement en Inde et en Russie… et maintenant que les États-Unis ont un nouveau Président, nous envisageons également une antenne là-bas. N.I. : Quel est l’activité d’IPS ? L.T. : Un client vient nous voir car il souhaite investir dans une nouvelle unité de production, la moderniser, l’étendre. Nous partons d’une feuille blanche et nous décrivons le plus précisément possible l’attente du client. Dès que l’on a un consensus avec lui, chaque aspect est vu dans le détail. Nous analysons complètement toute la situation en prenant en compte les paramètres, architecturaux, techniques, environnementaux, emploi…. Nous prenons alors en charge tout le permitting du projet et ensuite, nous recherchons les partenaires, contractants, entrepreneurs,... Enfin, quand vient la réalisation, nous coordonnons l’ensemble du projet avec des techniques et des méthodes bien déterminées qui garantissent le respect du planning, du budget, tout en atteignant un niveau de qualité le plus élevé possible. En somme, nous vendons du rêve ! 80% de notre activité sont consacrés à la gestion de projets industriels, quel qu’en soit le type, les 20% restants sont tournés vers les secteurs de l’hôtellerie, des bureaux, des centres de conférence… N.I. : Êtes-vous également frappés par la crise ? L.T. : Beaucoup de projets à venir, avec des commandes fixes, ont été annulés à cause de la crise boursière. Cela représente la somme d’un milliard et demi d’euros d’investissement qui ne se fera pas et pour nous, comme conséquence directe, l’obligation de trouver du travail pour un tiers de mon personnel. Mais je relève le challenge… La solution, c’est de nous tourner vers l’étranger, aller chercher le travail intéressant là où il est. Il faudra sans doute qu’une partie de mes employés s’expatrie, un temps, car cette crise risque de durer… N.I. : Quel est le projet à venir que vous aimeriez développer ? L.T. : IPS possède tous les atouts pour réaliser un centre de recherche et de développement… Nous avons des vues très claires sur ce genre de projet… Il existe des possibilités dans la région … mais je ne peux pas en dire plus ici. Par exemple, en Allemagne, nous avons proposé au gouvernement, la création d’un centre de recherche, autour de notre bâtiment, pour tout ce qui touche aux techniques solaires. La construction d’une sorte de campus ici à Nivelles, à vocation technique, est de l’ordre du possible aussi. Quand on possède 120 ingénieurs, on a toutes les ressources et les idées nécessaires pour le réaliser.
N.I. : Quelle est la qualité principale que vous appréciez chez les gens avec qui vous travaillez ?
L.T. : La volonté. Si l’on a la volonté de voir un problème comme une opportunité, on trouve des solutions techniques et financières. Sans cette volonté, cet optimisme, un problème reste un problème. Pour être un bon responsable de projet, il faut aussi être communicatif, connaître les langues et être intéressé à d’autres univers que la technique. Je recherche des gens pluridisciplinaires… un peu à l’image de ce bâtiment qui peut aussi bien se transformer en salle de concert, restaurant, salle de fitness ou centre d’étude… N.I. : Devenir patron, c’était un rêve d’enfant ? L.T. : Pas du tout. Ça m’est venu en travaillant chez Siemens. J’étais déjà fort indépendant. J’avais une « idée » qui n’existait pas, j’ai voulu la développer. J’avais surtout l’intime conviction que je devais le faire. L’étape a été facile au niveau technique, nettement moins du point de vue financier. Dès le premier projet, j’ai dû engager un collaborateur et ce n’était pas prévu dans mon plan financier. Durant cette période, j’ai compté chaque centime… Quand on commence ainsi, on arrive plus tard à extrêmement bien gérer, par ses « tripes » les situations autour de soi. C’est aussi ce qui me permet de rester confiant pour l’avenir et d’aborder la crise économique avec sérénité même si le challenge est de taille. N.I. : Si vous aviez choisi un autre métier, c’eût été lequel ? L.T. : Pianiste dans une formation de musique de chambre. C’est tellement beau d’entendre des musiciens jouer ensemble en petit comité. La musique est une véritable passion. Vous avez sans doute vu le piano à disposition dans le hall. Des concerts sont souvent organisés ici. J’écoute moi-même beaucoup de musique. Je crois que tout professionnel qui n’a pas une ouverture vers la musique, la culture, les relations humaines ou autres, n’a pas l’aptitude à travailler à un haut niveau. Dans notre société se trouvent quelques musiciens… Ils ont décidé de jouer ensemble, ici, le 6 mars prochain vers 19h… Tous ceux qui désirent les écouter sont les bienvenus... N.I. : Être patron d’IPS, c’est quoi ? L.T. : C’est arriver à déléguer son travail le plus vite possible… et je dois avouer que je n’y arrive pas toujours. Heureusement, grâce à Jacques Lataire qui est le responsable de la société belge, je vais pouvoir me consacrer, entre autres, à la création d’un fonds d’investissement qui permettra de lancer des projets industriels, pas avec notre argent mais avec celui des autres… L’idée n’est pas neuve, j’en parle déjà depuis 2004. Le concept existe déjà pour la promotion de projets immobiliers… C’est transposable dans le secteur industriel. Nous arriverons tôt ou tard à construire également nos propres usines. J’ai parmi mes jeunes managers des gens qui désirent diriger durant quelques années une usine… Si je veux les garder, je dois pouvoir leur offrir cette opportunité… N.I. : Quelle est la personnalité que vous admirez ? L.T. : Alan Greenspan. Tout d’abord, j’ai trouvé formidable, pour l’ancien Président de la Réserve Fédérale Américaine, d’avoir écrit dans son livre que l’Euro était la plus importante invention du siècle. J’ai admiré aussi son auto-critique. Cela ne manquait pas de courage d’avouer qu’il s’était peut-être trompé. Ensuite, parce que c’est quelqu’un qui est connu pour prendre le temps de réfléchir. S’arrêter, s’asseoir et réfléchir, c’est une chose que nous n’avons plus le temps de faire. J’aimerais le rencontrer pour qu’il m’apprenne comment réfléchir mieux. Jiway
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