Jean-Michel Veneziano. Tout pour le rock !

Jeudi 16 Juin 2011

La musique est sa drogue. La scène est son paradis. Directeur artistique des Classes du Rock depuis 2 ans, Jean-Michel Veneziano, quand il a sa guitare à la main, c’est le boss ! Alors, on s’assie et on écoute. Portrait d’un musicos comme on les aime chez Capital.


Jean-Michel Veneziano. Tout pour le rock !
NC : Mais de quelle planète viens-tu, Jean-Michel ?
JMi :
Je suis Binchou. J’ai quelques origines italiennes. J’ai accroché tout de suite à la musique. Déjà à 2-3 ans, j’écoutais mes 45 tours tout seul. A 7 ans, j’ai commencé le piano à l’académie.
J’adorais les Guns déjà à l’époque. Ce sont probablement eux qui m’ont inspiré à me lancer dans la guitare. J’ai suivi des cours. J’ai enchaîné stages après stages. J’ai ensuite décidé d’en faire mon métier. Je suis parti au Jazz Studio d’Anvers durant 1 an. J’ai ensuite fait le conservatoire pour avoir un diplôme reconnu par la Communauté Française. J’ai donc un Master en Musique Jazz et Musique Populaire. Rien que cela. (rire) J’ai évidemment toujours joué dans différents groupes. J’ai toujours voulu faire de la scène et le travail en groupe m’est indispensable. Cela m’a permis de jouer un peu partout, … même à Taïwan.

NC : Faire de sa passion, son métier. Ce n’est pas un peu la galère en Belgique ?
JMi
: La Belgique ne reconnaissait pas vraiment le statut d’artiste, contrairement à la France. Cela évolue depuis quelques années. Etre musicien, être artiste, c’est un vrai métier. Il faut pour cela un vrai statut. Aujourd’hui, ce n’est pas encore au top.

NC : Tu es directeur artistique aux Classes du Rock depuis 2 ans. Quelle est ta vision sur ce projet et sur son évolution ?
JMi :
Je suis arrivé dans le projet un peu par hasard. Au début, j’étais professeur. J’ai tout de suite accroché au concept. L’équipe a évolué. De ce fait, je me suis proposé pour reprendre le flambeau de la direction artistique.
La démarche des Classes du Rock prend de l’ampleur. Le fait de multiplier les cours. Le fait de jouer ensemble. Cela créé une véritable dynamique. Si à la base, c’est une plateforme musicale, beaucoup de projets autonomes commencent à naître au sein des Classes du Rock. C’est un vrai tremplin. Il n’y a aucune limite.

NC : Le phénomène Star Ac’ est passé de mode ?
JMi :
Le mouvement s’est essoufflé. De plus, le nombre de projets similaires s’est développé de manière exponentielle. Entre Star Ac’, X Factor, etc, … beaucoup de personnes ont perdu leur repère de base qui est « Je veux apprendre la musique ». Et ça, cela ne se fait pas en 3 mois.

Par contre en 3 mois, on peut faire énormément de progrès. Travailler la musique, cela se fait en plusieurs années, si pas en une vie.

NC : La musique, cela s’apprend. Et le rock ? Cela s’apprend aussi ?
JMi :
Le rock, c’est tout d’abord une personnalité. C’est un état d’esprit avant tout. On peut apprendre les techniques du rock. Ensuite, c’est du feeling et de la personnalité. C’est aussi une question de son. Et par pitié, ne pensons pas qu’il suffit d’être bien « looké » pour faire du rock.

Jean-Michel Veneziano. Tout pour le rock !
NC : Qu’est ce que tu retires des cours que tu donnes ?
JMi :
J’ai des étudiants de tous niveaux. Au départ, j’ai hésité à donner cours à des débutants. Je me rends compte aujourd’hui que c’est probablement là que j’apprends le plus en tant que pédagogue.
Je m’oblige à revoir certaine base. Je me remets en question continuellement. J’apprends aussi beaucoup des élèves tant au niveau technique qu’au niveau culture. Je découvre des nouveaux groupes, des nouveaux guitaristes. C’est réellement très enrichissant. C’est un superbe échange d’être prof.

NC : As-tu déjà repéré des futurs talents au sein des Classes du Rock ?
JMi :
Cela commence réellement cette année. Certaines personnes émergent tout doucement. Quelques groupes se sont formés en interne. On commence à voir de réels talents apparaître au niveau des guitaristes et des chanteurs. Nous devons apprendre à encore mieux nous connaître. Tant les élèves que les professeurs.
NC : Les classes du Rock n’ont-elles pas vocation à devenir une rampe de lancement pour de nouveaux groupes ?
JMi : Une section « production » est en projet. Le potentiel se développe. Nous n’avons que 3 ans. Cela va venir naturellement. Nous y travaillions. D’autre part, nous avons pas mal de demande d’organisateurs d’événements qui font appel à nous. Ils cherchent des groupes. Nous en proposons.

NC : Que penses-tu des projets comme Akamusic ?
JMi :
Je prends cela avec une grande prudence. L’aventure Grégoire est fabuleuse mais elle doit prouver qu’elle peut continuer à vivre seule. Si ce genre de plateforme peut aider à se lancer, c’est génial. Mais il faudra toujours passer en radio et prouver au plus grand nombre que le projet est bon.

NC : Quelles sont tes limites ?
JMi :
Je ne mets pas trop de limites. C’est incompatible avec mon boulot. Cependant, je ne veux plus me vendre gratuitement pour le plaisir d’un hypothétique projet. Je m’explique : Je me suis beaucoup investi, et ce, dans de nombreux projets où, finalement, le projet s’éteint et où la question de la qualité de ton investissement est remise en cause. Ce genre de plan : Non merci, j’ai donné !

NC : Quel serait ton rêve musical ?
JMi :
J’adorerais faire une vraie tournée mondiale. Je me suis déjà baladé pas mal sur les scènes. Mais me dire que je pars faire une quarantaine de dates un peu partout, cela me plairait bien.
J’adorerais aussi jouer avec Beyoncé. (rire) … et, en même temps, si cela me fait rêver, l’ultra professionnalisme peut nous faire perdre la magie de la musique.

Luc Pieltain
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