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La belle RomaneLundi 19 Janvier 2009
Sans taxer les habitants de notre cité de chauvinisme exacerbé, il faut reconnaître que beaucoup sont fiers de vivre au pied de l’édifice le plus représentatif de l’histoire locale. D’aucuns s’exclament sur sa magnificence, son côté imposant et son architecture évolutive au cours des siècles. D’autres, dotés d’importantes connaissances historiques et architecturales, nous comblent de leur savoir à travers de nombreux ouvrages. Certains ont même pris une part active sur les chantiers de restauration. L’Equipe de Nivelles Capital a décidé de retracer pour vous, l’itinéraire riche et houleux parfois de la plus Grande Dame de Nivelles qui, depuis 1993 fait partie de Patrimoine Exceptionnel de Wallonie. Pour faire aboutir cet projet, nous avons choisi la forme d’un feuilleton que vous pourrez découvrir à la lecture de nos prochains magazines. Il est certain que, seuls, nous ne pourrions pas réaliser un tel travail. Nous tenons à remercier l’Office du Tourisme de Nivelles qui nous a apporté sa précieuse aide. Chargée d’histoire depuis la nuit des temps, elle est visible de partout, domine notre Ville dans toute sa splendeur. Les secousses et les blessures que lui ont infligé les incendies, les guerres, qu’elles soient de religion ou mondiale n’auront pas eu raison de sa noblesse et de sa prestance. La Belle Dame s’est toujours relevée, pour être aujourd’hui l’objet de toutes les curiosités et attirer des visiteurs belges ou étrangers, toujours plus nombreux.
De la communauté religieuse à la Collégiale Sainte Gertrude d’aujourd’hui
Des fondements à la consécration Considérée comme patrimoine exceptionnel aujourd’hui, la Collégiale fut construite dans la première moitié du VIIe siècle. L’Evêque de Maastricht persuade la veuve de Pépin le Vieux, Itte d’Aquitaine, de faire construire une abbaye. Sa fille, Gertrude, en prendra la direction en tant que première abbesse. Dans la deuxième moitié du VIIe siècle, l’Abbaye se compose de trois églises : l’Eglise Saint-Pierre, un édifice funéraire où les membres de la communauté seront enterrés dont Sainte Gertrude en 659, l’Eglise Saint Paul, oratoire pour les hommes et l’Eglise Notre Dame, principal lieu de culte. A la mort de Sainte Gertrude, de nombreux miracles furent constatés, miracles qu’on lui attribua. Des pèlerins venaient alors en masse à Nivelles pour lui rendre hommage. L’Eglise Saint-Pierre abritant le tombeau de Gertrude, ne mesurait que 27 mètres de long sur 7 mètres de large et devenait trop petit pour recevoir les foules reconnaissantes. Un agrandissement s’imposait alors. La construction de la Collégiale actuelle se fit en 5 étapes et prit fin en 1046. Cette même année fut également celle de sa consécration en présence d’Henri III, empereur de l’Empire romain de la Nation germanique, de l’évêque de Liège Wazon et de l’abbesse Richette. Pour l’occasion, les reliques de Sainte Gertrude, qui reposaient dans le tombeau depuis le VIIe siècle furent déplacées dans le fond du chœur oriental, au dessus de la crypte, place qu’elles occupent encore aujourd’hui.
Une construction de longue haleine
L’agrandissement de la Collégiale - elle mesure actuellement 120 mètres de long et plus de 25 mètres de large - contribuera à l’évolution de la Ville et marquera les deux siècles suivants. L’avant-corps d’origine - la partie faciale de la collégiale - datant du Xe siècle, sera remplacé au XIIe siècle par un plus imposant d’architecture romane, celui que l’on peut encore apprécier de nos jours. Deux incendies firent rage en 1166 et 1177. Ils seront immédiatement suivis de nouvelles reconstructions. C’est au XIIIe siècle que les cloîtres seront construits et ajoutés au flanc nord de la Collégiale. Une entrée principale est aménagée et vient remplacer l’abside- partie arrondie qui abrite le chœur - occidentale. L’Eglise devient axiale alors qu’elle était bicéphale. La tour gothique surmontée par un clocher impressionnant en forme de flèche date du début de XVIIe siècle. Lors de l’année 1641, un incendie le détruit. Il sera reconstruit en 1643 sur une base carrée et en pierre bleue. Le XVIIe siècle marque aussi la disparition de l’abside au bénéfice d’une imposante entrée axiale. Au siècle suivant, les travaux porteront sur l’intérieur de la Collégiale. Tout y est restauré dans le respect du passé. Un nouvel incendie éclate en 1859 et détruit de nouveau le clocher. On le reconstruira sur une charpente en métal pour le mettre à l’abri d’un nouveau sinistre par les flammes.
Le déluge de la guerre
Apres la restauration du chœur et l’inauguration du nouveau carillon constitué de 49 cloches au début du siècle passé, et alors qu’on croyait la Collégiale à l’abri de tout autre malheur, la Deuxième Guerre Mondiale éclate en 1940 et marquera la disparition de la tour gothique si chère aux Nivellois. La flèche vacillera sous les bombes incendiaires lâchées par les avions, pliera par la chaleur pour enfin s’effondrer en présence de ses admirateurs. De ce monument magistral, il ne restera plus que quelques murs. De grandes restaurations se sont donc imposées. Il faudra attendre 1958 pour que la décision de reconstruire le clocher s’officialise. Une grande question était alors à l’ordre du jour : Quel aspect lui donner ? Devait-on conserver son style gothique ? Devait-on plutôt opter pour la solution gothique mais en le privant de sa tour ? Ou, enfin, fallait-il assurer l’harmonie du bâtiment en construisant une tour romane ? Le bourgmestre de l’époque, Alfred Scokaert, et son conseil, décidèrent de consulter la population. C’est le 14 décembre 1974 que 61,84 % des électeurs potentiels se rendent aux urnes pour faire entendre leur préférence quant au style du nouveau clocher.Avec 58 % des suffrages, le projet ”roman” sera approuvé, au grand dam des ” anciens ” nivellois, nostalgiques de sa tour gothique. Le cloître, dont il ne subsiste que l’aile nord d’origine (XIIIe siècle), est complètement restauré. Cette période marque également l’aménagement des sous-sols archéologiques en 1983 doont les fouilles avaient débutées en 1930, avaient été reprises en 1941 et poursuivies en 1952. Le nouveau clocher sera installé en 1982. L’année 1984 donnera lieu à l’inauguration de la Collégiale entièrement restaurée. Elle sera alors - enfin - bénie en grande solennité. Histoire à suivre ... Le saviez-vous ? Tout en haut de son piédestal, Jean de Nivelles, recouvert de plaques de laiton doré, mesure 2,08 m et ne pèse pas moins de 350 kg. Mais, qu’en est-il de son clone ? Clarisse Michaux et Marie-Marthe Schuermans
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