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La fascinante ascension de la CollégialeLundi 19 Janvier 2009
Pour ce nouvel épisode, nous vous proposons de prendre un peu d'altitude. Parce que oui, l'imposante Collégiale détient des trésors par milliers à tous les étages. Le choeur occidental est flanqué de deux tours rondes équipées d'escaliers hélicoïdaux. Celle au sud arbore fièrement notre Djan Djan doré. C'est donc chaussés de bonnes baskets, que nous avons suivi notre guide et gravi les nombreuses marches nous menant vers les faces cachées de l’édifice. Au programme du jour, les Chapelles Sainte Gertrude et Sainte Agathe, la Salle Impériale et le Carillon. Au cours de notre ascension, l’escalier en colimaçon, remarquablement restauré, présente quelques portes dérobées. Premier arrêt - la Porte numéro 15.
Un puzzle reconstitué
Derrière cette porte - fermée à double tour - se trouvent les chapelles des Abbesses Gertrude et Agathe. Entrons dans la Chapelle Sainte Gertrude. Une fois à l’intérieur de ce « sanctuaire », c’est avec émotion que l’on découvre les éléments de la châsse de Sainte Gertrude sauvée - tant bien que mal - de l’incendie de mai 1940. Des fragments d’argent fondu exposés dans une vitrine, nous rappellent la splendeur de cette œuvre d’art montrant des symboles et des scènes de la vie quotidienne de l’époque. Vestiges d'une valeur orale et matérielle inestimable, ils furent précédemment exposés à Cologne ou encore à Paris. A côté de ces trésors parmi les plus précieux de la Collégiale, on peut voir des sculptures en bois, des représentations de Sainte Gertrude et des documents anciens. Parlons aussi de l’anecdotique « colonne Sainte Gertrude ». Légèrement éloignée du mur, elle laisse un espace de passage assez restreint. Il se dit à ce propos, que les personnes capables de passer entre le mur et la colonne, sont en état de grâce et bénificient des bontés de Sainte Gertrude. Les autres, par contre, ne sont pas en odeur de sainteté … et sont priés de revoir leur copie ! On peut encore voir la colonne usée par les passages répétés des pèlerins et la pierre du sol complètement creusée. On dit que certains s'étant prêté au jeu, restèrent coincés, comme emprisonnés entre le mur et la colonne. Une anecdote qui fera rire certains davantage que d'autres ! Avant de quitter la Chapelle Sainte Gertrude, un coup d'oeil vers le plafond nous permet d'apprécier des restes de fresques qui ornaient les murs de la Chapelle. Si l'on peut aujourd'hui admirer les restes de la châsse originale de Sainte Gertrude, c'est grâce à un sauveur inattendu : André Depasse. En 1940, la Collégiale ravagée, l'heure était au déblayement. Parmi ces montagnes de décombres, tout avait une destination précise : la poubelle. Tel un sauveur, c'est alors qu'André arriva ! Equipé d'un tamis et armé de patience et de passion, il isola les restes de la châsse brûlés et fondus par les flammes. Grâce à lui, nous pouvons désormais découvrir ces trésors «rescapés». Traversons ensuite le choeur oriental pour nous rendre dans la Chapelle Sainte Agathe. Faisant face à la Chapelle Sainte Gertrude, la Chapelle Ste Agathe, quant à elle contient un remarquable moulage de la châsse d’origine, réalisé à la fin du 19è siècle par l'IRPA - l'Institut Royal du Patrimoine. Celui-ci nous permet de visualiser l’édifice en trois dimensions et, surtout d’y observer les multiples détails sculptés - notamment les miracles de Sainte Gertrude et la représentation du chœur occidental surmonté de sa tour romane. Un détail qui est à la base de la reconstruction de la Collégiale telle qu'elle était avant sa destruction. Parmi les nombreuses légendes qui gravitent autour de Gertrude et de la Collégiale, l'une prétend qu'un second moulage de la Collégiale se trouverait au Musée de l'Ermitage à Saint Petersbourg. Affaire à suivre...
Sous la châsse, le char
Autrefois, la châsse originale de Sainte Gertrude s'accordait, chaque année, une petite sortie à l'occasion du Tour Sainte Gertrude. Histoire de prendre l'air et vénérer la Sainte fixée sur un char de bois orné de peintures représentant les miracles de Gertrude (visible dans la Salle Impériale). Ce périple de 14 km en hommage à Gertrude devint trop périlleux pour la châsse d'or et d'argent sertie de pierres précieuses. Le risque de l'abîmer eut raison de cette petite virée annuelle et la châsse resta, dès lors, bien au chaud dans la Collégiale. Désormais, c'est la réplique de la châsse moderne de Félix Roulin qui prend place sur le Char du Tour.
La Salle Impériale - la bien nommée
Un étage plus haut, la Salle Impériale s'offre à nous. Sa magnificence n'a d'égal que sa hauteur et la valeur des biens qu'elle abrite. Comment décrire la pureté de la pièce, si ce n'est par un silence respectueux ? C'est qu'elle en impose, l'Impériale ! Et pourtant, son existence était encore inconnue jusqu'avant la Guerre. Lors de la restauration de l'avant corps de la Collégiale, une fois la Guerre terminée, on entreprit les travaux de rénovation. Quelle ne fut pas la surprise des restaurateurs de découvrir une salle belle, haute, aérée. Celle qui est aujourd'hui une salle bien gardée de la Collégiale, avait-elle une fonction précise au temps de la Première Abbesse. Qu'y faisait Gertrude ? On ne peut le dire. Celle qui supportait jadis le clocher haut de 70 mètres, a été reconstruite dans l'état dans lequel elle fut découverte dans les années 1940. Les visiteurs les plus attentifs auront déjà relevé quelques détails anecdotiques. Des chassis déformés, des différences de niveau, notamment, prêteront à sourire. Si cette salle regorge d'objets de grande valeur, c'est en grande partie grâce à Philippe Dardenne, l'un de nos guides, qui déploie énergie et ardeur à restaurer et à mettre en valeur le patrimoine de la Collégiale. Protégé par de vastes vitrines en verre dans la Salle Impériale, on peut apprécier de nombreuses statues de calcaire représentant Saint Antoine, Saint Ghislain, Saint Laurent, Saint Pierre, et d'autres «collègues» ainsi que de nombreux objets à l'image des ostensoirs, de l'arbre généalogique de Gertrude, du contrat de commande de la châsse, de calices et de ciboires ou encore de l'un des derniers oratoires domestiques de l'Abbesse. La Salle met également en lumière six des panneaux en bois, datant du 15è siècle, qui ornaient le char du Tour Sainte Gertrude, abîmés par le temps et les nettoyages - voire les récurages - à répétition qu'ils subissaient pour ôter la boue à la rentrée du Tour. Enfin, “ last but not least ”, la représentation mécanique de la châsse originale de Sainte Gertrude. Invitée vedette de la Salle Impériale, elle nous offre une vue sur tous les détails de la châsse. Moins fine et travaillée que l'originale, la représentation mécanique laisse deviner quel chef d'oeuvre était la châsse de Sainte Gertrude. Comme une grande partie de la restauration de la Collégiale, elle fût financée par les Allemands suite à la Guerre.
Haut le carillon !
Encore quelques marches, après quoi il est impossible d'aller plus haut - à moins de se mettre à quatre pattes - et nous voilà au Carillon. Que de cloches... Combien sont-elles ? 47 ! De toutes les tailles, de toutes les résonances et deux autres « inutiles ». Par ce qualificatif, comprenez, celles qui restent muettes. La première est celle de Jean de Nivelles sur laquelle Djan Djan fait mine de frapper les heures - sans pour autant la toucher - et la seconde qui se trouve à l'intérieur de la même Tour. Quelle hauteur, quelle prestance... et quelle vue imprenable sur Nivelles ! On imagine l'impression du carillonneur. Qui seul maître à bord, a le pouvoir de faire résonner toutes ces grandes dames et faire vibrer le tout Nivelles.
Quelques échos d'un carillonneur
Parmi les carillonneurs de la Collégiale qui ont eu le privilège de faire résonner toutes ces vieilles dames de fonte, Léon Henry fut le dernier à poser des notes à partir du Carillon précédant, avant qu'il ne soit ravagé par la Guerre. C'est lui qui, de 1922 à 1940, tenait les orgues de la Collégiale. Originaire de Luttre, ce grand carillonneur diplômé duConservatoire Royal de Bruxelles, était reconnu au niveau mondial. Nous remercions chaleureusement Jacques Sartiaux pour ses talents de guide Clarisse Michaux et Marie-Marthe Schuermans
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