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La mode à fleur de peauLundi 11 Janvier 2010
Les amis de nos amis sont nos amis. Et plus encore, s’ils ont du talent, ils sont évidemment les bienvenus dans notre parcours d’artistes. C’est à Genval que nous avons rencontré Kay Butler, styliste douce et passionnée. C’est au contact de la matière qu’elle a inventé son univers. Un univers riche de toucher et de sensualité. Bienvenue dans son monde et dans sa mode !
N.C. : Pouvez-vous nous dire en quelques mots qui est Kay Butler ?
K.B. : Je suis Anglaise. Une vraie Anglaise. Après 23 années de secrétariat de direction, j’ai senti le besoin de changement dans ma vie. Je me suis alors lancée à corps perdu dans la décoration d’intérieur. J’ai toujours apprécié le contact de l’objet. Petit à petit, j’ai découvert le goût du tissu. J’ai tout d’abord réalisé quelques pièces en peau de léopard. Cela a pas mal marché. Je ne me suis ensuite plus arrêtée. Je travaille 15 heures par jour, 7 jours semaine. C’est devenu une vraie passion pour ne pas dire une obsession. N.C. : Vous n’avez donc pas de formation de styliste à la base ? K.B. : Je suis entièrement autodidacte. J’ai bien suivi quelques cours de couture de base. Mais c’est la passion qui m’a fait évoluer et apprendre. Mes premières réalisations ont plu et cela m’a donné envie d’aller plus loin. Cela fait quatre ans que je travaille réellement les modèles et c’est seulement maintenant que je me sens prête à passer à la vitesse supérieure. Je vais présenter près de 400 pièces pour mon premier défilé. N.C. : Parlez-nous de votre collection… K.B. : Mes modèles sont cosmopolites. Ils s’adressent tant aux filles de 18 ans qu’aux jeunes dames de 80 ans. J’adore travailler les drapés… Le tissu doit bouger. Il doit vivre seul et doit sculpter le corps. On compare souvent mes modèles à des statues grecques. J’utilise pour les pulls, les robes et les jupes, des tissus comme du jersey fin ou des jersey-lycra. J’utilise également beaucoup de pure laine. Quant aux manteaux, j’utilise souvent la laine bouillie. Je vise à avoir du 100%. J’essaie toujours de garder la noblesse du produit. N.C. : Question tendance, la base est classique mais la coupe est plutôt contemporaine… K.B. : Je calque mes modèles sur ma vie. J’adore m’habiller le matin et pouvoir assurer le rendez-vous du midi et la soirée avec la même tenue et ce, seulement, moyennant une petite adaptation. Le vêtement doit être multifonctionnel et pratique. De plus, il doit pouvoir s’upgrader à tout moment. Soit en adaptant le col, par exemple, soit en y apportant une énorme ceinture… sans tomber dans l’excès, évidemment. J'ai envie que la femme se sente en harmonie avec elle-même. Elle doit se sentir libre de vivre et non prisonnière de son ensemble. La vie a assez de contraintes que pour en rajouter. N.C. : Pour votre premier défilé, vous proposez une collection complète ? K.B. : Cette année, je me suis surtout spécialisée dans les mailles. Je propose beaucoup de pulls, de gilets, de jupes. J’ai notamment travaillé les robes. J’ai voulu les rendre plus accessibles, plus passe-partout. La ligne de base est l’ultra féminité. N.C. : Où puisez-vous vos tendances et vos idées ? K.B. : Je ne suis absolument pas les tendances. Je vais même plutôt à contre-courant. J’ai, par exemple, tenté, il y a 3 ans, de relancer le grand col. Cela n’a pas marché. Les clients n’ont pas suivi. Aujourd’hui, je commence à le voir réapparaître dans les magasins. Je ne suis pas non plus les couleurs « tendance ». Je ne suis pas les coupes « tendance ». Je me calque sur la femme et je fais confiance à mon inspiration du moment. J’écoute aussi mes clientes. Si l’une me demande une coupe plus longue ou plus courte, je m’adapte. Je peux travailler sur commande. La cliente intervient dès lors dans la création de sa pièce. C’est une expérience très agréable pour elle comme pour moi.
N.C. : Quelle est pour vous la définition de la féminité en stylisme ?
K.B. : La priorité va à la douceur des matières. C’est la symbiose entre la matière et le corps qui permet que l’on se sente bien. Le mouvement participe également à l’harmonie et à la féminité, notamment au niveau de l’ampleur du bas d’une robe, par exemple. J’ai envie de revenir à la féminité simple et naturelle. On a assez porté de choses strictes comme des vestes en jean’s. Place au corps et aux formes ! N.C. : Quel est pour vous le plus beau corps à habiller ? K.B. : Tous les corps sont beaux à habiller. Ce qui compte, c’est la personnalité et le plaisir que l’on se fait en portant ses vêtements. Tant pour la cliente que pour moi. Le vêtement se doit d’être confortable. Et le confort apporte la confiance. Il n’y a pas de notion de petit, long ou court. Il n’existe que le bien-être dans ma mode et dans mon monde. N.C. : Jusqu’où Kay Butler veut-elle aller ? K.B. : J’aimerais aujourd’hui pouvoir vivre de ma passion. Actuellement, je travaille seule et j’y tiens. Chaque pièce sort de moi. Je lui donne vie et j’y mets tout ce que je ressens. Je suis réticente à la production de masse. J’ai peut-être peur de me perdre. Je pense que cela va dépendre de mon premier défilé. Si cela marche, je devrai changer de méthode. Présentation de la collection 2007 Kay Butler 18, Drêve Val Saint Pierre 1332 Genval Entrée libre 13 et 14 octobre 1007, de 11h00 à 18h30 Luc Pieltain
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