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Les cloîtres - Un îlot bien abritéLundi 19 Janvier 2009
Si aujourd’hui les cloîtres accolés à la Collégiale sont des lieux de rencontres et de déroulement d’événements festifs, il n’en a pas toujours été ainsi. Au XIIIème siècle et jusqu’au départ de la dernière Abbesse, la comtesse Vandernoot, cet endroit privilégié et presque silencieux servait de «sas» entre la vie civile trépidante et la vie de prière, de lecture et de recueillement. Nous nous y sommes promenés pour vous en tentant de nous replacer dans le contexte de l’époque. Nous entrons par la porte de la Collégiale donnant sur les cloîtres. Silence, on marche, on regarde et on tente d’entendre encore les chants et les prières d’antan.
Pour visiter les cloîtres, notre guide recommande de passer par l’intérieur de la Collégiale, ce qui permet de voir de là, sur la gauche, les traces de l’emplacement d’une ancienne porte remplacée depuis par celle que l’on connaît aujourd’hui. Ce changement de place a probablement été opéré pour se mettre dans l’alignement de la Porte du Marché. Elle est surmontée de celui qu’on appelle le « monstre » et dont on sait finalement peu de choses avec certitude. Ce qui reste visible, c’est la partie supérieure d’une tête, mi-animal, mi-homme. On ne sait pas non plus ce qui est advenu du bas de cet ornement mystérieux. La porte à double battants s’ouvre alors, quelques marches plus bas, sur une des quatre allées des cloîtres.
Les cloîtres au temps des Abbesses
Le mot cloître suppose un endroit clos et protégé, loin des bruits de la ville. Les Abbesses logeaient dans le Palais Abbatial (aujourd’hui l’Hôtel de ville) et c’est au son de l’appel des matines (offices religieux ayant lieu avant le lever du soleil) qu’elles se rendaient à la prière en traversant le cloître. A l’étage, l’aile nord, abritait le dortoir des moines qui eux aussi répondaient à l’appel du son des cloches de l’aube. La vie de travaux manuels, de prières et de lectures se déroulait dans le calme et la sérénité.
La beauté des lieux
Il est important de rappeler que les cloîtres ne se présentaient pas, comme on les voit actuellement. Ils ont été rénovés après l’incendie de 1859 par l’architecte Dumont. Seule exception cependant. L’aile nord – adossée à l’Hôtel de Ville d’aujourd’hui – a pu garder sa plus grande authenticité, pour la simple raison que, après avoir restauré les trois allées, il n’y avait plus de budget pour restaurer la quatrième … C’est pour cette raison qu’il subsiste de ce côté-là des colonnes en pierre bleue, plus anciennes et en moins bon état, des baies de fenêtres à l’étage et même une voûte murée aujourd’hui, et qui servait probablement d’accès direct des moines à l’église. Dans les trois autres allées, on peut voir des colonnes simples, géminées (doubles) et quadruples et aux coins des piliers plus robustes pour supporter l’ensemble architectural. Les parties couvertes des cloîtres servent d’exposition de vestiges retrouvés dans la Collégiale après le bombardement de ’40. On peut y voir des pierres tombales, notamment celle du Seigneur de Houtain (Gisant debout), celle d’un couple anonyme, celle d’une chanoinesse. Deux grandes cloches y trônent également. Tout comme celles se trouvant dans « l’impluvium » (le centre des cloîtres) elles ont leur petite histoire. Durant le bombardement, la flèche gothique en fondant est tombée en même temps que ses cloches. Ce n’est que grâce à la présence de gravats et de décombres sous lesquels elles étaient cachées, qu’elles ont pu échapper à « l’appétit » de bronze de l’occupant de la Seconde Guerre Mondiale. Elles ont subi évidemment des dommages, les rendant inutilisables à leur fonction musicale. C’est la raison pour laquelle, il a fallu les remplacer dans le nouveau clocher roman.
L’impluvium – carré vert plein de ressources
Des investigations ont été menées dans le sous-sol de la pelouse du cloître. Pas assez, selon certains. Cependant c’est grâce à celles-ci que l’on a pu découvrir l’existence de l’Eglise Notre Dame, de l’Eglise Saint Paul et même des vestiges pré-romans. Un petit goût de trop peu donc et, surtout, une grande envie de continuer à sonder les mystères d’un lieu qui vit encore de nos jours. Avec l’aide de Philippe Dardenne et de Jacques Sartiaux que nous remercions infiniment. Maire-Marthe Schuermans
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