Low cost and very smart !

Lundi 11 Janvier 2010

Les habitués du Pèlerin le connaissent. Si Fabrice Ginero vit à Tubize, Nivelles est sa ville d’adoption. Ce passionné de graphisme et de design nous invite à un « jump » dans son univers « very tendance ». Croisements coloriels. Mixages picturaux. Entrelacements corporels. Fada, de son petit nom, a de quoi nous rendre complètement fada de son œuvre. Et il ne s’en prive pas.


Low cost and very smart !
N.C. : Comment vous est venue votre passion pour le graphisme ?
FG : J’ai un parcours classique. J’ai suivi des humanités traditionnelles. Le dessin m’a toujours titillé. Sans formation spécifique en graphisme, j’ai roulé ma bosse en voyageant beaucoup. Au retour de mes pérégrinations, je me suis relancé dans les collages papiers, ce qui a très vite accroché les gens. Je suis ensuite passé à la peinture en mixant les techniques. Ma mère, avec qui j’ai travaillé et exposé, avait un stand à Bruxelles. La Place Agora sur un marché d’artisans, juste à côté de la Grand Place de Bruxelles était un emplacement idéal. Les tableaux ont circulé dans le monde entier grâce, notamment, aux touristes. Aujourd’hui, mon travail artistique est devenu mon activité principale. Je suis en relation avec une galerie de l’Avenue Louise qui s’appelle « Artemptation » (http://blog.artemptation.com).

N.C. : Quelles sont vos techniques ?
FG : J’ai démarré avec des collages faits à partir de magazines. Le format était souvent limité à de l’A4 parce que les images étaient trop petites. J’ai donc commencé à photographier ou scanner les photos afin de pouvoir tirer des toiles en grand format. Fan d’acrylique mélangée à de la terre glaise je donne à mes tableaux, un aspect sablé et granuleux pour pouvoir réaliser des reliefs. J’aime beaucoup utiliser les couleurs naturelles.

N.C. : Vos réalisations s’adressent à quel type de public ?
FG : J’essaie de toucher les 85 % des personnes qui ne rentrent jamais dans une galerie et qui aimeraient posséder une toile dans leur appartement. J’aime l’idée de donner aux gens l’opportunité d’acquérir une grande toile à un prix « low cost ». Je n’ai donc pas de problème pour produire en série une création afin de pouvoir en diminuer le prix. Mes pièces ne sont donc pas uniques.

N.C. : Vos univers sont très forts. Je pense notamment à la série « Urban » et à la série « Comics ». La femme prend aussi beaucoup d’importance dans vos tableaux.
FG : Je cherche essentiellement des images esthétiques et design dans des magazines de décoration et de mode. Je suis plus facilement attiré par des représentations féminines, peut-être pour leur connotation glamour. Concernant les comics et les perspectives urbaines, ce sont des univers qui par définition sont très graphiques et probablement tendance. J’aime beaucoup mixer les ambiances. Croiser une image des années ‘40 avec un noir-blanc contemporain, cela peut donner des choses très intéressantes.

Low cost and very smart !
N.C. : Vos œuvres ne sont-elles pas l’apologie du graphisme simple par ordinateur ?
FG : En digigraphie, je ne pars jamais d’une page blanche sur un soft de retouche. Je ne suis pas graphiste. Je démarre toujours par un travail fait main. Je prends du papier. Je le travaille avec de la colle. Je le ponce. Je déchire la feuille. Ensuite, je la scanne pour pourvoir ensuite la traiter à l’ordinateur. Je ne me contente pas de faire du montage. Je manipule toutes sortes de matières. C’est ce qui me permet de créer de la profondeur dans mes toiles.

N.C. : Avez-vous une réelle identité artistique ?
FG : Je ne prévois jamais l’univers que je vais créer. Je rebondis de page en page et me laisse guider par mon feeling pouvant ainsi tout créer. Si j’expose mes acryliques à côté des mes digigraphies, on pourrait penser que c’est fait par des personnes différentes. Je m’adapte aussi
aux commandes (j’en ai pas mal). C’est quelque part de « l’art tendance ».

N.C. : Vous vous calquez sur l’actualité ?
FG : Je le fais quand on me le demande. On m’a commandé une toile sur Michaël Jackson dernièrement. Mais, habituellement, mes créations ne se rapportent pas à l’actualité.

N.C. : Quels sont vos projets d’exposition ?
FG : J’ai exposé dans un restaurant tendance à Bruxelles, Place de Londres. Je n’ai pas quitté la Place depuis. Je suis resté accroché au mur. Je vais peut-être exposer également au Tribeca, Avenue Louise. C’est à suivre. J’aimerais aussi me présenter dans les magasins de design ou de déco, sous la forme de dépôts. J’espère aussi revenir à Nivelles ou j’ai participé à une expo groupée l’année passée à Noël.

Plus d’information sur Fabrice Ginero :
www.myspace.com/ginero7

Luc Pieltain
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