Qu'est-ce qui cloche dans le clocher ?

Mercredi 6 Janvier 2010

Avez-vous remarqué qu'une petite anomalie frappe le clocher de la Collégiale ? Une sérieuse dissonance affecte tant la ritournelle, que les coups de la demie et de l’heure. Mais que s’est-il donc passé pour que la belle harmonie des accords habituels se rompe ? Nous avons posé la question à un fidèle des lieux – celui qui le samedi matin, durant le marché, joue des cloches pour rythmer nos achats hebdomadaires et nos rencontres maraîchères – Robert Ferrière est notre homme.


Qu'est-ce qui cloche dans le clocher ?
Une seule cloche défaille, et tout est déréglé
Ce qui fait l’harmonie du son d’un ensemble de cloches, c’est la mise au diapason de leurs notes qui diffèrent selon leur poids, leur grandeur, leur battant. Quand l’une d’elles manque à l’appel, c’est la foire … et on peut dire que ce que nous entendons en ce moment, n’est pas joli, joli. Une des quatre cloches mobiles menaçait de tomber (ce qui aurait été catastrophique) en raison d’une fissure dans le joug qui la soutient. Il faut dire que ces dames de 3 tonnes 200 à 1 tonne 150, mettent le matériel à rude épreuve. Déjà, elles se balancent chaque jour entre ciel et terre et encaissent des coups répétés, mais en outre, ça fait plus de 30 ans que ça dure ! La seule manière de voler au secours du joug, a été de réduire ladite cloche au silence et de la soutenir avec des poutres de bois en attendant une solution définitive et fiable. Le hic, c’est que le renouvellement et l’installation d’un nouveau joug représentent un investissement considérable et surtout imprévu !

312 marches plus haut
Il en faut du souffle et de l’endurance pour atteindre la grande famille des cloches qui niche tout en haut de la Collégiale ! Mais l’effort vaut la peine d’être fait. D’en bas, on est loin de se douter que ce point culminant de la Ville abrite une telle quantité de bronze ! La tour centrale contient 47 cloches et la tour de djan-djan se contente modestement de deux qu’il ne touche jamais. Oui, au risque de vous décevoir, notre bonhomme doré ne fait que simuler la frappe sur sa cloche.
Il faut distinguer deux grands groupes de cloches. Les mobiles, au nombre de quatre, dont la cloche se met en mouvement et entraine le battant qui frappe sur le métal. Les quarante-trois autres de plus petit calibre - s’actionnent soit avec le clavier sous les mains expertes de Robert Ferrière ou de son complice, soit au moyen d’un tambour électro-mécanique pour sonner la ritournelle et les coups horaires. Mais, il y a encore beaucoup à dire sur les habitantes du sommet de la Collégiale. Nous y reviendrons plus en détail dans un prochain numéro.

Nous ne résistons toutefois pas à la tentation de citer un bon mot de notre joyeux luron de Robert Ferrière. Quand il annonce le nombre de cloches qu’il fait sonner, il dit qu’il y en a 49 et qu’avec lui elles sont 50 … Et d’enchaîner : « D’ailleurs, quand je me rends à la Collégiale, je dis à ma femme : « Je vais voir mes sœurs … »
Cela ne vaut-il pas son poids de bronze ça ?

Marie-Marthe Schuermans
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