Prochaine parution : 30/03/2010
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Satisfaire le client à tout prix.
En 1999, Yves Charlier et Bernard Folie, ont l’opportunité de reprendre une petite entreprise de 12 personnes spécialisée dans la fabrication de matériaux cellulaires et caoutchouc et réputée pour son expertise dans les recouvrement de sol. En moins de 10 ans, ils ont su développer leur secteur d’activité, augmenter les exportations et développer de nouvelles solutions techniques sur mesure pour différents secteurs d’activité : le médical, la publicité, le sport, les loisirs, l’automobile, l’aviation… Pour des grands noms de l’industrie réclamant un niveau d’exigence très élevé, Grando est devenu une référence dans la confection de matériaux polymères à haute valeur ajoutée et aux spécificités techniques supérieures. Ce résultat, ils le doivent à leur volonté commune, à leur passion et leur motivation.
Rencontre avec un magicien du polymère, un patron haut de gamme.
Yves Charlier, avant de vous trouver à la tête de Grando, quel a été votre parcours ?
Y. C. : J’ai tout d’abord fait une licence en chimie que j’ai poursuivie par un doctorat en sciences dans le domaine de la chimie et d la physique des matériaux polymères (matériaux plastiques). Dans le cadre de ce doctorat, dans les années 80, avant la formation d’Airbus donc, j’ai travaillé sur un projet européen qui visait à développer des matériaux pour l’aéronautique et l’aérospatiale. Ce superbe projet a permis la création de matériaux ayant des structures moléculaires particulières qui sont maintenant largement utilisés dans l’aviation. Ils sont notamment entrés dans la fabrication de voilure d’avion et d’hélicoptère. Je suis ensuite parti en Californie, dans la Silicon Valley, pour travailler chez IBM dans le cadre d’un post-doctorat. J’y ai mené un boulot de développement et d’amélioration des propriétés de matériaux polymères qui entrent dans la fabrication des microprocesseurs. De retour des Etats-Unis, avant d’être finalement engagé chez FINA Research à Feluy, je suis retourné à l’UCL durant deux ans pour faire de la recherche. J’y suis resté 5 ans et j’y ai appris énormément de chose au niveau de la grande industrie. Développement de produit, service clientèle, suivi de projet, suivi du niveau de qualité,… étaient mon quotidien et un formidable écolage pour le travail que je fais maintenant. Je ne suis pas loin de penser que pour réussir dans une petite unité de production comme Grando, le passage dans une grosse boîte est presque une étape obligée.
Si vous aviez fait un autre métier ?
Y. C. : C’est une question piège… De toute manière, ce serait toujours dans la chimie… Peut-être dans l’industrie alimentaire où je trouve qu’il y a un merveilleux travail à faire… Le monde de la brasserie me tenterait assez…
Quels sont vos centres d’intérêt ?
Y. C. : Le sport en général. Je pratique diverses disciplines : le hockey sur gazon, le ski, le jogging, le vélo, le squash… et c’est certain qu’après avoir œuvré six ans à la présidence du Pingouin Hockey Club, je suis de très près le résultat des équipes fanions. Une autre passion, ce sont les voyages et aussi la cuisine. Une citation dit en substance que dans tout bon chimiste, il y a un bon cuisinier qui sommeille… mais je ne pense pas que l’inverse soit vrai aussi… heureusement (rire).
Une personnalité que vous admirez ?
Y. C. : Je vais dire Jean Nouvel. C’est un architecte parisien, connu internationalement. J’adore l’architecture contemporaine, hyper contemporaine et nous avons eu la joie et le privilège de travailler pour lui sur un projet exceptionnel en terme de développement d’un nouveau produit, sur base d’un concept tout à fait novateur. (Bains des Docks au Havre)
Quel est ou a été votre plus grand défi ?
Y. C. : Assurément la reprise avec mon associé de Grando parce que nous avons dû prendre beaucoup de risques et aussi emprunter pas mal d’argent… Nous avions mené pas mal d’analyses sur la viabilité de la société toutefois nous n’avons pu mener d’audit opérationnel. Réussir cette affaire était le plus gros challenge de ma vie. Dans un autre domaine, faire tourner le club de hockey pendant six ans, le faire évoluer et voir le niveau sportif se développer était aussi un beau défi.
Quelles sont vos préoccupations actuelles ?
Y. C. : À cause de la crise financière, beaucoup de nos clients nous ont déjà annoncé une diminution significative de leur business. Cela entraînera indirectement des conséquences chez nous. L’année prochaine s’annonce donc particulièrement difficile et il est probable que nous perdrons 4 à 5 ans de développement. Pour nous maintenir, nous devrons soigner encore mieux le client, être toujours plus à son écoute, à son service, coller encore plus à ses envies, ses demandes. C’est un combat qui sera rude.
Quelle qualité appréciez-vous le plus chez votre associé… et inversement ?
Y. C. : Ce que j’apprécie le plus chez Bernard Folie, c’est sa rigueur de gestion. Il est très strict et c’est essentiel dans une entreprise d’avoir une gestion rigoureuse au niveau des finances, de la comptabilité… Je pense en revanche que la qualité qu’il apprécie chez moi, c’est la créativité, ma capacité de trouver des solutions novatrices et efficientes aux demandes de nos clients.
Et en règle général, quelles sont les qualités que vous recherchez chez vos collaborateurs ?
Y. C. : L’autonomie, l’honnêteté et la compétence technique. Chacun ici connaît sa mission et la gère comme il l’entend. Nous n’avons pas du tout envie de suivre leur travail en permanence et de vérifier si ce qui est réalisé est bien fait, nous ne sommes pas des gendarmes. Notre entreprise est gérée un peu comme une grande famille.
Qu’est-ce qui vous attire dans le monde des affaires ?
Y. C. : Le monde des affaires ne m’attire pas en soi, ce qui m’intéresse, moi, c’est de développer des solutions techniques nouvelles, sur base de ces matériaux qui sont excessivement versatiles et offre une panoplie d’utilisations sans limites dans des secteurs d’application très variés.
Quelle a été votre plus grosse boulette ?
Y. C. : Ça, c’est la question piège… qu’est-ce que je pourrais bien avouer… (rire) Les chimistes ne sont pas à l’abri d’erreurs de manipulation… au labo de l’université à Louvain-la-Neuve, pendant mes années de doctorat, j’ai déclenché un début d’incendie avec plusieurs litres d’éther de pétrole… ça aurait pu avoir des conséquences dramatiques… heureusement, le feu a été circonscrit… je n’ai pas eu pour autant mon brevet de pompier… (rires)
JiWay
GRANDO
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