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Une histoire de choeurLundi 19 Janvier 2009
A travers nos deux précédents épisodes, nous vous invitions à découvrir les secrets de la Collégiale en décryptant le Mausolée et la partie gauche de son choeur. Ce mois-ci, c'est à la rencontre des richesses réunies dans la partie droite de celui-ci que nous nous sommes intéressés. Une occasion de s'arrêter un instant devant le splendide retable de Thonon, de comprendre la signification des monuments funéraires et de penétrer dans la Chapelle du Vénérable. Celle qui abrite trois splendeurs dédiées à Gertrude a bien des choses à nous raconter... Ce troisième volet continue donc d'alimenter notre chronique de la Belle Dame et, à travers son mobilier, de mettre en lumière certains fonctionnements de l'Eglise. Une fois de plus, partons à la rencontre d'un riche héritage patrimonial qu'ont mis en lumière nombre d'historiens et d'archéologues. Lisons une nouvelle page d'histoire «anecdotique», de l'histoire de Nivelles, de notre histoire ! Voici le résultat de notre curiosité... Bonne lecture !
Le retable de Jean Thonon
Lorsque vous regardez vers le chœur où se trouve l’autel principal, sur la droite, vous pouvez voir un gigantesque monument réalisé en bois, en albâtre et en marbre. En son centre, un très grand tableau cachait l’emplacement probable du buffet d’orgues détruit par un incendie en 666, le premier des 21 sinistres connus. On peut y voir les miracles de Sainte Gertrude, la reproduction imagée des moments cruciaux au cours desquels elle est intervenue pour éviter des catastrophes ou pour épargner des gens en perdition. On y représente précisément Saint Gertrude au moment de l’incendie de l’année 666. Elle apparaît dans une nuée et éteint partiellement le feu qui fait rage. Un autre illustre une scène en pleine mer déchaînée. Gertrude avait envoyé des moines chercher des manuscrits pour compléter les lectures religieuses. Sur le chemin du retour, les émissaires sont surpris par la tempête. Là encore, elle intervient, redresse le mât brisé et sauve l’embarcation. Un troisième montre un homme qui est tenté de vendre son âme au diable… elle le pend haut et court.
Les monuments funéraires
Pour avoir son monument funéraire dans les « églises », il fallait plutôt montrer pattes blanches. C’est-à-dire, être d’origine noble et pouvoir justifier une descendance de haute lignée, ce qui signifiait à cette époque, avoir beaucoup de biens et de terres. Plusieurs stèles sont toujours visibles et sont clairement ornées de blasons et illustrées de noms « à charnière » et de noms d’abbesses ayant joué un rôle important dans l’Histoire de Nivelles. Vous pourrez voir notamment une série de monuments faits de marbres d’origine, commémorant le décès du chanoine Henry de Regnier, du prévôt François d’Andelot, de l’abbesse Marie de Hoensbroeck, des chanoinesses Thérèse Alexandrine et Anne de Bryas. Que du beau monde ! Il en est un pourtant qui est plus imposant. Il s’agit du mausolée érigé par le prévôt Albert-François de Trazegnies en mémoire de divers membres de sa famille. Seize plaques commémoratives donnent la liste des « habitants » de ces très prestigieuses tombes qui ont résisté au temps et aux différents chamboulements.
La Chapelle du Vénérable et ses trois trésors
La châsse contemporaine La Chapelle du Vénérable, située à la droite du choeur, est l'un des endroits les plus prestigieux de la Collégiale. Non seulement pour son architecture, similaire à la Chapelle des Dames, mais aussi pour le mobilier qu'elle abrite. Dans cet espace fermé se côtoient trois richesses de la Collégiale. Parmi elles, la châsse de Sainte Gertrude attire bien des regards curieux. Après la destruction de la châsse en 1940, une nouvelle fût commandée à Félix Roulin. En 1982, année de son inauguration, quelle ne fut pas la surprise de certains, face à cette oeuvre d'une étonnante modernité. Fruit d'une recherche architecturale et d'une volonté de représenter certains symboles de son histoire, Félix Roulin nous présente une oeuvre dont la matière faite d'acier inoxydable, d'argent et de chrome, est creusée. Pensée dans ses moindres détails, la châsse telle que nous l'a proposée, Félix Roulin suscite l'intérêt de toutes les générations. Les plus anciens seront séduits par sa forme extérieure transformable. Si le premier aspect de la châsse laisse apparaître le profil d'une église, ses détails particuliers lui confèrent un aspect très moderne. Sur les parois de cette châsse en forme d'église, on peut y voir des représentations d'objets inattendus. L'explication réside dans la volonté de son créateur, de rendre hommage aux nombreux corps de métiers à l'origine de la recontruction de la Collégiale. Dès lors, en observant la châsse de Sainte Gertrude, ne soyez pas étonnés de découvrir un tournevis, un marteau, un crayon,... et même un décapsuleur de bouteilles de Coca Cola en hommage aux américains qui ont libéré notre pays de l’occupation allemande. Par des articulations latérales montées sur charnières, les deux pans de l'oeuvre se relèvent et laissent apparaître le second visage de la châsse : l'évocation de Sainte Gertrude étendue à l'intérieur de celle-ci. En creusant le matériau, Félix Roulin joue habilement avec la matière pour laisser apparaître une main, un pied et un sein de Sainte Gertrude dans une châsse, qui arbore désormais une forme rectangulaire. Si, dès le début déjà, la châsse n'a pas fait l'unanimité auprès des nivellois, tous souligneront le travail minutieux et d'orfèvre réalisé par son créateur dinantais Félix Roulin. Cependant, cette châsse n'est qu'une version contemporaine de celle d'origine qui fût commandée en 1272. Dans la Salle Impériale, trône une copie conforme de la châsse qui fut détruite dans l'incendie de 1940. Très lourde et imposante, celle-ci est intransportable, d'où la création de la châsse contemporaine, exposée dans la Chapelle du Vénérable.
Le reliquaire
A côté de la châsse, trône fièrement le reliquaire de Sainte Gertrude. Créé par Marcel Nullens et révélé pour la première fois au public à l'occasion du 730è Tour Sainte Gertrude, le nouveau reliquaire, inauguré en 2006, représente le buste et le visage de Sainte Gertrude. Fait de laiton et d'argent, l'oeuvre pèse plus de 30 kilos. Sa création relève d'une fonction de représentation. Très fréquemment, en effet, les paroisses voisi-nes sollicitaient la Collégiale pour emprunter la châsse de Sainte Gertrude à l'occasion de processions. Le clergé ne pouvant pas accéder à leur demande, on décida de la création du reliquaire qui tiendrait uniquement cette fonction de représentation. Financé par les fonds privés d'une généreuse donatrice, désormais, plusieurs fois dans une année, il sort le reliquaire de sa vitrine de verre pour la prêter à des musées et à des églises.
Sainte Gertrude “ La Princesse de Nivelles ”
A la droite de la châsse se tient une représentation à taille humaine de Sainte Gertrude en habit de chanoinesse datant du 18è siècle. Comme souvent, Sainte Gertrude est montrée arborant trois éléments porteurs d'une certaine signification. La crosse, tout d'abord, représente le pouvoir religieux qui lui était accordé. En tant que première abbesse de Nivelles, Gertrude gérait le monastère et toutes ses dépendances. Dans son autre main, elle tient un livre, symbole de son pouvoir civil et de sa connaissance. De nombreux historiens certifient que Gertrude savait lire et, relèvent ce fait comme étant exceptionnel. Au 7è siècle en effet, rares étaient ceux - et surtout celles - qui avaient accès à l'éducation. Gertrude était l'une de ces privilégiées. Enfin, Gertrude représentée avec un manteau bleu garni d'hermine - une marque de noblesse - porte une couronne pour montrer son statut de Princesse de Nivelles. Clarisse Michaux et Marie-Marthe Schuermans
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